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Traducteur scientifique : un métier en constante évolution

11 Oct 2021 | Traduction médicale

Nouveautés technologiques, essais cliniques, avancées scientifiques majeures, innovations, dépôts de brevet pharmaceutique… le secteur scientifique est en perpétuelle évolution. Par conséquent, les traducteurs scientifiques doivent évoluer au fil de l’eau pour suivre les dernières avancées et adapter leur vocabulaire. Une amélioration continue de la traduction scientifique tant sur le plan linguistique que technique.

Traducteur ou scientifique ?

Traduction : un secteur varié

Le métier de traducteur et traductrice regroupe de nombreux domaines. Sur le fond, il s’agit toujours de traduire un document d’une langue à une autre, mais il existe des nuances et des spécialités vers lesquelles les professionnels se tournent selon leurs affinités. On trouve, entre autres :

  • La traduction littéraire : traduire un roman, un article, un poème… en restant fidèle au style et à la plume propres à l’auteur tout en adaptant les expressions courantes ou références culturelles afin de pouvoir toucher le public de la langue cible.
  • La traduction audiovisuelle : sous-titrer ou même doubler des films, séries, émissions… Il faut alors rester au plus proche du texte d’origine, tout en gardant la culture cible en tête, mais également prendre en compte le mouvement des lèvres, la longueur des phrases, etc.
  • La traduction localisée : traduire pour le web, l’informatique et le multimédia (comme les jeux vidéo)
  • La traduction juridique faite par un ou une traductrice experte judiciaireTraduire les documents produits en justice et être interprète lors d’audiences.
  • La traduction post-édition : porter un regard humain sur une traduction faite en majeure partie par un logiciel de TAO (traduction assistée par ordinateur)
  • La traduction-révision : s’assurer que le texte traduit correspond à l’original et améliorer le style en conséquence.
  • La terminologie : trouver des équivalents de termes étrangers dans la langue cible. La terminologie est principalement utilisée sur les domaines en constante évolution dans lesquels des inventions sont fréquentes et nécessitent un vocabulaire spécifique.
  • La traduction technique (dont la traduction scientifique) : traduire des documents d’un domaine spécifique ayant un vocabulaire dédié. Le droit, l’électronique, l’aéronautique, le médical, les sciences… nécessitent un traducteur au double cursus : les langues bien sûr, mais aussi la spécialité travaillée !

Traducteur et scientifique

Le traducteur scientifique a la double casquette : professionnel de la traduction, mais avec de grandes connaissances dans un domaine scientifique. Pourquoi est-ce si important ? Et bien, car les domaines scientifiques ont un jargon qui leur est propre et l’exactitude est indispensable. Pas d’approximation ou de transformations stylistiques possibles, ici la traduction doit être précise et avec le bon choix de vocabulaire en prenant en compte des évolutions, inventions, brevets…

Le traducteur scientifique doit donc :

  • Maîtriser parfaitement plusieurs langues (au moins deux en plus de sa langue maternelle),
  • Avoir de solides connaissances dans le domaine scientifique traité,
  • Être rigoureux, curieux, cultivé et savoir trouver les informations pointues dont il aura besoin.

Comment devenir traducteur scientifique ?

Pour devenir traducteur scientifique, pas de recette miracle, il faut être bon en sciences et en langues. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de suivre deux voies distinctes pour arriver au même résultat :

  1. Commencer par suivre un cursus scientifique en se perfectionnant dans un domaine particulier (chimie, mathématiques, biologie, ingénierie, génétique, écologie, médecine…) avant de se concentrer sur les langues
  2. À l’inverse, commencer par une formation en langues avant de se spécialiser dans un domaine scientifique.

Suite à cela, un master dédié, comme le Master en Traductions Scientifiques et Techniques (TST), permet d’acquérir les compétences techniques propres à ce métier. Au programme : méthodologie, informatique, culture scientifique, connaissances interculturelles et langues étrangères ! Notez que deux langues étrangères (maîtrisées à niveau égal) sont nécessaires pour intégrer cette formation.

En France, ce master professionnel et de recherche peut se faire dans une poignée d’universités (Pau, Boulogne-sur-Mer, Mulhouse…).

Autre option plus générale pour viser le métier de traducteur – interprète : le Master en traduction, ingénierie de la traduction (ILTS) à l’Université Paris Diderot, un Master de traduction interprétation à Lille, Lyon, Nantes (à l’université catholique de l’Ouest) ou dans une école spécialisée comme l’ISIT (Institut de management et de communication interculturelle, anciennement Institut supérieur d’interprétation et traduction) à Paris, l’ESIT (École supérieure d’interprètes et de traducteurs), l’ITIRI (Institut de Traducteurs, d’interprètes et de relations internationales) à Strasbourg, l’INALCO (Institut national des langues et civilisations orientales)… à Lille, Lyon, Strasbourg ou dans d’autres villes de France.

Traducteur scientifique : quel salaire espérer ?

Le salaire des traducteurs scientifiques varie selon de nombreux critères : le statut (freelance/indépendant ou employé), le nombre de contrats, l’ancienneté, etc. En moyenne en France, on compte un salaire net autour de 31 K € brut pour un traducteur technique.

Pour affiner ce montant moyen, l’APEC donne une fourchette de salaire liée à l’expérience : de 24 à 30 K € pour les jeunes diplômés et jusqu’à 60 K € pour les cadres expérimentés dans les métiers de la traduction scientifique et technique.

Faire sa place en tant que traducteur scientifique

En termes d’emploi, la concurrence est rude. Pourtant, il est possible de se faire une petite place dans le milieu en choisissant les bonnes options !

Opter pour les langues et sujets les plus demandés

L’italien, l’espagnol, l’allemand, l’incontournable anglais, le chinois, l’arabe, le russe… sont des langues très demandées et représentent un gros volume de traductions. Mais elles sont également parlées par de nombreux interprètes, augmentant ainsi la concurrence. De la même manière certains domaines scientifiques sont privilégiés comme l’aéronautique, les télécommunications, l‘agroalimentaire, le pharmaceutique ou tout autre domaine international et concurrentiel ayant d’importantes contraintes réglementaires.

Opter pour les langues et sujets de niche

À l’inverse, des langues moins fréquemment traduites comme le roumain, le croate, le lituanien… présentent l’avantage d’avoir moins de concurrents directs bien que les projets de traductions soient également moins nombreux. Côté domaine scientifique, sortir des classiques pour se spécialiser dans un sujet pointu et moins représenté permet d’avoir plus de chances de sortir du lot.

Et après ?

En termes de perspectives d’évolutions, le traducteur peut viser des postes de :

  • Réviseur,
  • Chef de projet en agence de traduction spécialisée afin de chapeauter une équipe de traducteurs,
  • Traducteur assermenté (en prêtant serment auprès du tribunal de grande instance)
  • Terminologue